« Les buveurs de lumière » – Jenni Fagan – Métailié/ Bibliothèque écossaise, traduit par Céline Schwaller

 

« Il y a trois soleils et c’est le dernier jour de l’automne – peut-être pour toujours. Chiens du soleil. Parhélie. Ils marquent l’arrivée de l’hiver le plus rigoureux depuis deux cents ans. Les routes sont encombrées de gens qui tentent de faire des provisions de carburant, de nourriture, d’eau. Certains disent que c’est la fin des temps. Les calottes polaires fondent. Le taux de salinité de l’océan n’a jamais été aussi bas. La dérive nord atlantique ralentit. »

Un livre pour moi absolument magique, magnifique, ça a été une parenthèse de lecture glacée et pourtant ardente, la découverte d’une écriture très personnelle, très originale et totalement envoûtante. Je le dis tout de suite, j’ai tout aimé dans ce roman, mais surtout, surtout les trois personnages principaux, et des trois, c’est Stella, alias Estelle alias Cael qui m’a le plus touchée . Et vous ne pouvez pas imaginer à quel point il est difficile d’écrire sur un tel livre, tant j’ai envie de vous en faire sentir la beauté et l’intelligence…Mais je tente.

De quoi est-il question ? L’argument de départ est la venue d’une vague de froid sur la planète comme on n’en a pas eu depuis longtemps. Nous sommes en novembre 2020  (c’est demain ! ), il neige à Jérusalem, mais aussi en Afrique, des icebergs dérivent, dont un énorme, un gigantesque qui se dirige tout droit sur l’Écosse.

Les médias relatent non-stop les troubles et dégâts générés par cet âge de glace imprévu, et les catastrophes à venir. Il faut donc que la population s’organise.

Pendant ce temps à Soho, dans ce qu’il reste du cinéma d’art et d’essai de sa mère Vivienne et de sa grand-mère, Gunn, Dylan se prépare à quitter ce lieu qui va être saisi et dans lequel il a grandi avec ces deux femmes exceptionnelles; et plus difficile encore, il se prépare à aller disperser leurs cendres respectives au Nord du pays car elles sont mortes toutes les deux, à 6 mois d’intervalle :

« Comme grogner, brandir le poing et taper du pied ne sert à rien, il monte sur la boîte et le couvercle du tupperware se ferme avec un clic. Il va chercher un morceau de ruban adhésif et l’enroule autour pour plus de sûreté. Il prend les boîtes. Et s’il oublie laquelle est laquelle ? Il pourrait s’envoyer un texto : Grand-mère est dans le pot de glace, maman dans la boîte à sandwich. » » 

En ces temps perturbés aux allures de fin du monde imminente, nous allons rejoindre des personnages, tous plus ou moins marginaux, qui tous vivent dans un village de caravanes – vous savez ces caravanes métallisées en forme d’obus, – à Clachan Fells et nous allons nous installer ici dès l’arrivée de Dylan car Vivienne avait ici sa propre caravane:

« Un tas de factures impayées est soigneusement rangé dans la boîte à couture d’époque de Vivienne et en rentrant du crématorium il a trouvé une enveloppe contenant un acte de propriété pour une caravane parquée à 930,6 kilomètres de là, avec un post-it rose et ses pattes de mouche: Payée en espèces – aucune trace dans nos livres de comptes. Bises. Maman.« 

Alors si ce n’était que le récit de cet affrontement du froid, le dérèglement climatique, une sorte d’anticipation, ce serait déjà intéressant, mais bien sûr c’est beaucoup plus que ça. Dylan va rencontrer dans ce bout du monde glacé Constance, qui a depuis toujours deux amants, et sa fille née Cael, petit garçon, mais qui est une fille, qui sait qu’elle est une fille et qui âgée de 12 ans, en pleine puberté, va lancer son combat hormonal pour ne pas avoir de moustache, et essayer d’avoir un jour de quoi porter un soutien-gorge. Cael n’est plus déjà qu’un appendice entre les jambes d’Estelle, Stella, l’étoile de sa mère.

Ces deux femmes vivent grâce aux doigts d’or de Constance, qui récupère de vieux meubles et objets dans la décharge et en fait de belles choses, leur offrant une nouvelle vie. Comme elle va aider Stella à être la personne qu’elle se sent être, lui donnant toutes les explications pour qu’elle comprenne et l’aider elle aussi à avoir une nouvelle vie. Stella est très intelligente. Son état particulier l’a rendue assez solitaire. Garçon elle avait un ami, Lewis, qui la délaisse depuis qu’elle porte des collants rayés, se fait des maquillages gothiques et bref : n’est plus son pote, mais une jolie gamine. Stella n’a pas la langue dans sa poche et malgré ses perturbations, grâce à sa mère si aimante, elle s’épanouit. Première rencontre avec Dylan:

« Vous n’avez pas de grosses chaussettes, c’est ça ?

-Non.

-Est-ce que votre cinéma a coulé?

– Grave.

-Vous avez une hache quand même, non ? Vous avez commandé une citerne pour l’eau de pluie? Vous savez trafiquer votre compteur pour que votre facture d’électricité n’atteigne pas un montant si élevé que vous serez obligé de manger plus que des nouilles? Dans la caravane 11, il y a un type qui a bouffé des nouilles pendant trois ans. Il est mort. Une autre voisine, Ethel, de la n°7, elle est morte aussi.

-J’habite dans la n°7, dit-il.

-Ouaip. Il y a des gens qui meurent ici. En hiver il fait un tel putain de froid qu’on peut mourir gelé dans son lit. Vous vous rendez compte que vous vivez dans ce qui est en somme une boîte de conserve au pied de sept montagnes?

-Ça me fait pas peur.

-Z’êtes un dur à cuire, hein ?

-Grave. » »

Donc, ce très beau roman nous offre une sorte de vision kaléidoscopique du monde tel qu’il pourrait être, tel qu’il peut devenir, et puis tel qu’on pourrait le reconstruire, lui donner une nouvelle vie. Dans ce lieu isolé et bientôt pris dans une gangue de glace, –  comme ces incrustations d’insectes dans l’ambre, vous voyez ? –  ici donc va naître un nouvel amour, celui entre Dylan et Constance, tous deux des êtres pétris d’une humanité claire, lucide et combative, mais aussi rêveuse et pleine de poésie. Ici Stella, comme un papillon de sa chrysalide va doucement émerger, pleine d’une énergie qu’elle déploie dans une soif d’être elle-même, telle qu’elle est à l’intérieur d’elle-même et face au monde. Des pages inoubliables (36/37 ) dans lesquelles Constance explique très précisément comment se passe la « détermination  » de notre sexe. En bref:

« Le genre, c’est quelque chose de plus intime que se qu’on se plaît à croire. Les hommes n’en sont pas convaincus parce que la plupart sont des têtes de nœuds, dit-elle.

-C’est le terme technique, ça, maman ? »

« […]Tout le monde commence par être de sexe féminin et le reste pendant des mois.

-Quoi, même papa? 

-Même Jésus. Va dire ça aux bonnes sœurs. »

Ou encore, après un vrai cours d’anatomie de Constance

« Stella passe une main sur son ventre et se jure de regarder plus tard dans le miroir. Elle aurait eu un vagin si ses tissus ne s’étaient pas soudés. Ça lui est égal de ne pas en avoir un. Peu importe comment la viande est coupée. Elle devrait peindre ça sur un T-shirt et le porter pour aller à l’église. »

Merveilleuse Stella qui n’aime que les garçons, qui pédale comme une folle dans la neige et la glace, qui fait des rencontres étranges:

« – Une personne que j’ai rencontrée un jour m’a dit qu’on pouvait boire l’énergie du soleil, la stocker dans ses cellules pour devenir fort. Elle a dit qu’on devrait tous faire ça. C’est comme une réserve d’énergie à l’intérieur de nos cellules; elle a dit qu’il y a des pèlerins buveurs de lumière qui le font tout le temps: c’est comme ça qu’ils résistent à l’obscurité, en stockant le plus de lumière possible, explique Stella.

Dylan se tourne vers elle.

-Qui t’a raconté ça ? 

-Oh, une femme que j’ai rencontrée dans le parc de caravanes.

-Ma grand-mère disait ça, presque mot pour mot, dit-il. »

Au fil des conversations dans la caravane de Constance, bien des choses vont se dire, se découvrir, se comprendre enfin. Une complexe histoire de famille, des souvenirs partagés, des confidences et des vérités sur le monde, la vie, et notre relation à la nature. Des pages complètement bouleversantes sur ce que vit Stella, et la chance qu’elle a d’avoir Constance, une mère intelligente, aimante, attentive et ouverte, qui l’incite à être elle-même, et à s’affirmer et accessoirement qui sort emmitouflée dans un manteau de loup, la tête servant de bonnet

« Les gens peuvent avoir l’esprit un peu étroit par ici, Dylan. La plupart des gens du village ne m’adressent pas la parole, sous prétexte que j’ai eu deux amants pendant toutes ces années, ou parce que j’ai…ou…je sais même plus ce que j’ai, ni même ce que je veux, putain.

-Tu n’es pas obligée de m’expliquer quoi que ce soit.

-Je m’inquiète sans arrêt pour Stella, ça me rend dingue. Entendre parler d’un petit gamin qui s’est fait pourchasser par les gens de sa communauté parce qu’il était trans, ou tomber sur leur taux de suicide, ou même la façon dont les garçons du coin la regardent parfois, tu sais. Je ne sais pas comment la protéger. Quand on y pense, je peux faire ce que je veux, mais je ne peux pas toujours être là pour m’assurer qu’elle va bien et franchement ça me tue, putain ! »

Ce livre est un superbe roman d’amour, ce trio m’a émue et on peut même envier finalement ces moments où l’extrême rigueur ramène à l’essentiel, les corps qui se rapprochent et se réchauffent, la beauté du monde et la nature qui se révèle la plus forte et ramène un peu d’humilité, si ce n’est plus de solidarité.

« Constance adresse un sourire à Dylan. Ce désir en lui de s’allonger à côté d’elle dans le noir et de la serrer contre lui. De boire du vin, de bouquiner et de s’ignorer l’un l’autre mais en sentant son pied juste à côté du sien, ses jambes, sa bouche. »

Je dois m’arrêter; ce roman, il faut le lire, se coller bien tranquille dans un coin paisible et partir voir les aurores boréales avec Constance dans sa peau de loup, s’émerveiller devant les paysages, les montagnes sous la neige, les longues aiguilles de glace qui scintillent au soleil, les cerfs majestueux qui en quête de nourriture se montrent plus que d’ordinaire, avec Stella et sa langue bien pendue, mais avec son petit cœur d’oiseau qui s’emballe si vite:

« Tout se calme.

Son cœur.

Ses cellules.

Elle inspire, sent le soleil sur son visage même s’il n’a jamais fait aussi froid à Clachan Fells. Pendant une infime fraction de seconde le parhélie envoie de la lumière jusqu’au tréfonds d’elle-même – où même les choses les plus folles refusent d’aller.

Tout au fond, dans les cellules les plus sombres. De minuscules points de lumière :

Comme des petites lanternes à l’intérieur de ses veines.

Ou des vers luisants recroquevillés pour dormir. Dans la partie d’elle la plus secrète – un endroit où elle ira siroter du thé un jour – et pour s’y rendre elle devra traverser les parties les plus sombres d’elle-même – entre les aortes qui palpitent en charriant leurs rivières de sang – jusqu’à son cœur où se trouve une petite porte minuscule s’ouvrant sur l’éternité. »

Tous les passages qui nous plongent dans l’esprit de la petite Stella sont absolument émouvants, si beaux, si tristes et malgré tout, cette gosse est pleine d’une force incroyable. Et puis il y a presque à la fin le petit voyage au nord, pour voir l’iceberg qui arrive, et le total éblouissement des trois compagnons, l’écriture atteint là, à mon avis, le sublime. On ressent le froid des glaces, on a les yeux éblouis de l’intense clarté, et on a le cœur qui éclate, comme ceux de Constance, Stella et Dylan.

« Il n’y a plus que des rivières de lumière verte dans le ciel, qui virent au violet, puis au rouge. » 

 

Beaucoup de choses seront dites et écrites sur ce livre, de nombreux thèmes sont abordés et le talent de Jenni Fagan est de les lier avec virtuosité et intelligence, mais surtout avec poésie et humour. Outre les urgences climatiques et leurs conséquences, la transexualité, la fragilité des êtres, en lisant ce livre unique, vous en saurez plus sur Vivienne et Gunn, des femmes assez étonnantes, sur les buveurs de lumière et sur l’incroyable histoire de famille que Dylan va débroussailler. Et puis vous croiserez Bernache, une star du porno, des satanistes et un taxidermiste… Je vous ai livré ici mon sentiment personnel, restant encore frustrée, avec l’envie de parler de ces personnages qu’on a du mal à quitter.

Je garde une petite Stella tapie dans la cage thoracique, avec ses deux longues nattes noires, ses collants rayés, sa langue bien pendue et son petit cœur d’oiseau dans lequel il y a une petite porte.

« Quand les adultes entendent grincer une petite porte sombre dans leur cœur, ils montent le son de la télé. Ils s’enfilent un verre de vin. Ils disent au chat que c’était juste une porte qui grinçait. Le chat sait. Il saute du canapé et sort de la pièce. Quand cette petite porte sombre dans un cœur se met à faire clic-clac clic-clac- clic-clac si fort et si violemment qu’on voit littéralement battre leur poitrine – eh bien là ils disent qu’ils ont du cholestérol et ils essaient d’arrêter le beurre, il  se mettent à marcher. Quand la minuscule porte sombre de son cœur s’ouvrira en grinçant, elle la franchira sans hésiter. Elle s’allongera et dormira à l’intérieur de son propre cœur comme un oiseau dans la nuit. » 

Coup de foudre absolu. ❤ ❤ ❤

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14 réflexions au sujet de « « Les buveurs de lumière » – Jenni Fagan – Métailié/ Bibliothèque écossaise, traduit par Céline Schwaller »

  1. je l’avais repéré dans les romans de rentrée mais ton billet me pousse à accélérer le mouvement
    je ne t’ai lu qu’en diagonale pour préserver ma lecture aussi je reviendrai ici plus tard partager mon émotion avec toi j’espère

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  2. « Les buveurs de lumières »! Rien que le titre est attirant, non? Je ne sais pas trop quoi dire à part que j’ai une folle envie de me plonger dans ce monde rempli de poésie et d’humanité! Dans un livre, j’attache autant d’importance au lyrisme et aux personnages qu’à l’histoire! C’est sans doute pour cette raison que j’aime tant tes chroniques si bien illustrées! J’ai déjà lu des livres où il ne se passe pas grand chose, des livres que les gens n’ont pas trop aimé ( je pense à « Paint it black » de Janet Fitch, un grand nombre de lecteurs avaient été déçu après son roman précédent « Laurier blanc », très bon livre interprété au cinéma ) parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’action! J’avais beaucoup aimé « White Oleander » mais j’avais adoré « Paint it black » et surtout parce que les deux personnages principaux m’avaient tellement touché! J’avais eu du mal à me séparer de ces êtres tellement fragiles, parfois égoïstes mais tellement humains!
    En lisant les extraits de ce livre, je sais déjà que ce sont des personnages dont j’aurai autant de mal à me séparer!
    Qu’il a l’air beau, ce livre! Et ce dernier petit cadeau que tu nous fais, en dessous de ces superbes photos est ta très touchante description de Stella suivie par un nouvel extrait qui ne peut que convaincre n’importe quel lecteur: « « Quand les adultes entendent grincer une petite porte sombre dans leur cœur, ils montent le son de la télé. Ils s’enfilent un verre de vin. Ils disent au chat que c’était juste une porte qui grinçait. Le chat sait. Il saute du canapé et sort de la pièce. Quand cette petite porte sombre dans un cœur se met à faire clic-clac clic-clac- clic-clac si fort et si violemment qu’on voit littéralement battre leur poitrine – eh bien là ils disent qu’ils ont du cholestérol et ils essaient d’arrêter le beurre, il se mettent à marcher. Quand la minuscule porte sombre de son cœur s’ouvrira en grinçant, elle la franchira sans hésiter. Elle s’allongera et dormira à l’intérieur de son propre cœur comme un oiseau dans la nuit. » Quelle beauté!
    Merci pour cette nouvelle chronique, mille fois merci de nous faire connaitre cette écrivain écossaise que je ne tarderai pas de lire dès que j’en aurai l’occasion!

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    • Mais que je suis heureuse de pouvoir à nouveau te lire ici ! Mais oui, ce roman est d’une beauté exceptionnelle, tellement bouleversant, tellement intelligent…Je n’ai qu’une hâte, c’est lire le précédent et premier de Jenni Fagan, « La sauvage ». Stella est une créature magique, je crois. Je pense en te lisant que j’ai souvent, comme toi, aimé des livres que la plupart des gens n’aimaient pas plus que ça. On lit avec ce que nous sommes, avec ce que nous portons, et forcément, forcément ça change tout. J’ai un autre personnage comme ça qui me suit, c’est Daniel Price de Steve Tesich, et une phrase, celle d’Homer Wells dans « L’œuvre de Dieu, la part du Diable  » de John Irving : « Il faut attendre voir »…Parce que parfois, les personnages s’adressent à nous en direct, que ce sont des flèches que nous recevons en plein cœur et qui restent fichées là…Stella/Estelle/Cael, dans mon cœur, comme un oiseau en cage. Je suis curieuse de savoir l’effet que te fera ce roman. Je t’embrasse

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      • Des flèches en plein cœur qui restent figées là, c’est tout à fait ça! J’ai eu ce sentiment avec les personnages du livre d’Annie Proulx, « The shipping news » ou avec « Le petit copain » de Donna Tartt (je parle encore souvent de cette petite fille énergique, de ce « garçon manqué » qui méprise les adultes et leurs réponses autant banales que décevantes comme « c’est la vie, Hariette » avec mon époux, nous avions lu ce livre en même temps, lui en français et moi la version originale) sans oublier le l’héroïne de « Once upon a river » de Bonnie Jo Campbell!

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    • Bonjour ! Tu sais comme moi que nos avis sont tout à fait personnels, et ce livre m’a touchée plus profondément, les personnages me tiennent encore compagnie, et c’est bon ! Contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est un livre d’amour, chaud, brûlant d’amour, magnifique

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