Deux livres, l’un terminé et l’autre pas.

Deux livres dont un m’est tombé  des mains très vite. Entre l’ennui et la déception, j’ai abandonné « Les pays » de Marie-Hélène Lafon, moi qui ai tant aimé « Joseph ». Je ne renonce pas à cette auteure pour autant, prochaine tentative avec « Les derniers indiens », mais si ça ne fonctionne pas je m’en tiendrai là, trop de belles choses à lire.

Wet Eye Glasses« Les tornades, par ici, ce n’est pas ce qu’il manquait. La veille, l’une d’elles s’était faufilée entre les basses collines, avait glissé, presque silencieuse, sur la prairie avant de l’éloigner vers le comté voisin d’Edward et de disparaître à l’horizon. Du genre à vous chiper une partie de la cheminée et à vous la poser, taquine, dans le jardin. Une tornade d’avril, comme les appelait Annie Mae. »

Quant au second, c’est pour moi la découverte de l’écrivain français Lionel Salaün avec « La terre des Wilson », édité chez Liana Lévi.

Il est toujours intéressant de lire un auteur français qui s’empare de l’histoire de ce territoire américain. Le très bon « Faillir être flingué » de Céline Minard m’avait totalement convaincue. Pari tenu par Lionel Salaün avec un roman plein d’énergie et de force.

Dans l’aridité du nord de l’Oklahoma, Dick revient sur le lieu de sa misérable enfance. Il a des choses personnelles et impérieuses à régler mais aussi des affaires à envisager. Le fin mot de l’histoire est la vengeance, la revanche, et peut-être aussi l’amour, mais juste peut-être… Dick entend réussir et en visionnaire parle de ce qu’il veut créer, sa ville:

« Dos à Jasper, un bras levé devant lui comme pour désigner quelque chose entre ciel et terre, Dick continua sur le même ton :
« Imagine les belles routes tracées au milieu du désert pour irriguer, du Kansas au Nord, du Texas à l’Ouest, au Sud et de l’Oklahoma à l’Est, le cœur palpitant de cette cité sortie de nulle part, la faire pousser, s’entourer de terrains de golf, d’hôtels de luxe, d’un aérodrome et devenir avec le temps une belle, une vraie, une grande ville ! Ma ville ! »

 Allant d’hier à aujourd’hui, de l’enfance de Dick sous la violence de Samuel, son père, au présent de l’aventurier qu’il est devenu, on découvre la brutalité des lieux et des temps, la Grande Dépression ajoutée au Dust Bowl dans une Amérique prise dans une tempête de crise et de poussière. 

« -Et c’est quoi, ça ? »

Levant les yeux vers le voile brun-jaune qui obscurcissait le ciel, le petit homme expliqua tout bas:

« Des vents violents, secs, brûlants, gorgés de poussière et de la bonne terre arrachée aux Grandes Plaines pour vous la cracher dessus, la pulvériser sur tout le pays. des montagnes noires roulant sur la plaine, d’un horizon à l’autre, engloutissant tout sur leur passage. Des vagues sombres et silencieuses, dévorant tout l’espace. »

Une belle galerie de portraits depuis l’ignoble Samuel en passant par Dick lui-même, ambigu à souhait, la petite Maggie aussi touchante que sa mère Annie Mae et puis j’ai beaucoup aimé Jasper, qui va rencontrer un destin inattendu en compagnie de Dick. 

Un monde sans pitié où nature et hommes s’affrontent plus qu’ils ne s’apprivoisent.

Lecture courte, condensée et efficace. Mon seul bémol c’est que j’ai trouvé le découpage des phrases parfois bizarre et un léger excès de virgules, mais ça reste un livre intéressant et prenant.

 

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6 réflexions au sujet de « Deux livres, l’un terminé et l’autre pas. »

  1. Ah ah , j’adore « l’excès de virgule ». Je reconnais ici une gourmette qui s’attache à l’assaisonnement du plat! Je suis comme toi, ce que certains pourraient considérer comme des détails peut m’être très dérangeant.

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    • Eh oui ! Tu me connais, n’est ce pas ? Je surveille tout le temps mes virgules quand j’écris, mais je ne fais pas de littérature ! Oui, un truc comme un plat trop salé ou aux arômes hésitants…Mais c’est tout à coup une phrase pleine de virgule, à des endroits où ce n’est pas nécessaire. Je me suis dit que c’était pour donner une lecture particulière, un rythme qui accroche, qui halète, mais j’ai trouvé que ça ne fonctionnait pas. Pour moi , un léger défaut, ça reste bien quand même mais ça surprend,toutes ces virgules avec des mots coincés dedans…:D

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