Quais du Polar, suite et fin…

SAM_4090Samedi, journée chargée, pleine de bons moments malgré un petit bémol. Un constat général des très très nombreuses personnes présentes et fidèles à cet événement : il y a eu quelques « ratés » gênants, en particulier sur les lieux, les horaires des conférences et la capacité des salles. Ainsi, après une attente de près d’une demie-heure pour une conférence que j’attendais impatiemment (« Les héros de nos polars : bien sous tous rapports ? ») avec J.B. Pouy, Leonardo Padura et Ian Rankin, des tickets en main indiquant une place dans la salle…Eh bien refoulés à la porte de la belle salle aux grands lustres des anciennes archives ! Jauge de la capacité mal évaluée . Et ainsi ce sont environ 30 personnes qui ont fait demi-tour, un peu en rogne ! Nous nous sommes donc repliées vers la Chapelle de la Charité pour une rencontre avec Elizabeth Georges, Patricia McDonald, Barry Gornell, Saul Black et Pascal Dessaint sur le thème : le mal qui est en nous. Bon, eh bien c’était passionnant, comme toujours les conférences . Patricia McDonald, qui s’exprimait en français – précisant qu’elle avait bu du vin et que du coup son vocabulaire l’avait un peu quittée ! – a été assez amusante, mais c’est Pascal Dessaint qui m’a touchée, vraiment. Quant à Saul Black, encore inconnu pour moi, il m’a donné très envie de lire ce qu’il vient d’écrire; plutôt auteur jusqu’à présent de SF sous son vrai nom, Glenn Duncan, il vient d’écrire son 1er polar « Leçons d’un tueur » ( Presses de la Cité ) . Les conférences sont vraiment ce que je trouve le plus intéressant, mais il est difficile d’en voir beaucoup, et cette fois d’autant plus avec ces erreurs de « jauge » des salles, les erreurs sur les programmes, etc…Bon, on espère que tout rentrera dans l’ordre l’an prochain ! On sait, on imagine quelle énorme organisation tout ça représente et bien normal que ça accroche parfois. La bonne humeur a été  vraiment dominante.

Vu du ciel

Vu du ciel

Pour les dédicaces, une cohue impressionnante. Arrivés tôt le matin, 20 minutes d’attente pour Leonardo Padura, mais conversation très sympa avec d’autres lecteurs et un libraire jovial; malgré ça, le monsieur ne sera sans doute pas si souvent dans nos contrées, alors on attend avec le sourire; sans être une forcenée des dédicaces, je voulais saluer cet auteur que j’admire et aime depuis le premier livre lu. Un shake – hand à Ian Rankin , puis à l’incroyable Benjamin Whitmer, extrêmement souriant, comme éclairé de l’intérieur, lui qui écrit de façon si noire, si sombre ! Un sourire un peu carnassier, des yeux très bleus et pétillants de malice et je crois d’intelligence. Il a été la figure la plus marquante de ma journée, je ne sais pas vraiment pourquoi…Son livre « Pike » m’avait beaucoup remuée, j’en garde un souvenir très puissant, et d’imaginer tout ça passant par le cerveau de cet homme si souriant, c’est étrange. Parfois – en bons lecteurs que nous sommes, avec la tête pleine d’histoires – un visage entrevu quelques minutes, assorti au souvenir de la lecture, et l’auteur, là, présent avec ce sourire et cet air si heureux, devient un personnage de fiction. Je sais, ça s’appelle du fantasme ! logo-gallmeister-home (1)Décidément, Oliver Gallmeister est pour moi un éditeur qui fait un merveilleux travail et grâce à lui je vis de magnifiques moments de lecture. En fin d’après-midi, pour accéder au Palais du Commerce, il y avait une file interminable et on faisait entrer les gens au rythme des sorties, sécurité oblige . Alors, malgré les petits désagréments de ce succès immodéré, une chose est belle et réconfortante, un constat : beaucoup de monde lit, oui ! De tous âges et tous milieux . Et ça fait plaisir. Les organisateurs ont mis en ligne ces chiffres : 70 000 visiteurs, dont 10 000 pour l’enquête dans la ville, 100 auteurs de 23 nationalités et 30 000 livres vendus ! C’est pas du bonheur, ça?

A l'assaut !

A l’assaut !

La petite déception est là : ce qui devait être une rencontre entre blogueurs. J’aurais bien voulu être à la table ronde, à laquelle je n’ai pas pu assister ( informée le jeudi soir pour le vendredi ). Là, j’étais sûre d’un échange. Cette « rencontre » au café polar de l’Hôtel de Ville n’en a pas été une. Il s’est avéré que l’accueil était assuré par deux  représentantes – si je ne me trompe pas parce qu’elles ne se sont pas présentées à nous –  des éditions Presses de la Cité et Belfond. Elles se sont adressées à un bon groupe de blogueurs qui se connaissaient déjà et qu’elles avaient déjà rencontré, laissant les nouveaux venus un peu isolés. Bon, tout ça pour ça, ça ne valait pas le coup, si ce n’est une petite discussion avec une blogueuse dans la même situation que moi, qui écrit ICI, et un verre d’un très bon vin blanc pour l’apéro ! Par contre, le résultat de l’enquête menée conjointement par les QDP et l’Arald, ça, c’est intéressant et à lire là !

En résumé, mon regret est d’avoir loupé une conférence qui semblait passionnante et de ne pas avoir pu en écouter plus, MAIS un effroi joyeux et excité en voyant tout ce qu’il y a à découvrir encore, et un immense plaisir devant cette pléthore de libraires, d’écrivains et de lecteurs ! Une belle et riche manifestation .

Allez ! Quelques photos encore, ma petite, trop petite moisson noire ( mon porte – feuille a résisté, mais ça a été un combat de chaque minute ) et quelques aperçus de la foule, des files interminables, de Padura, Whitmer, Gallmeister au téléphone et Patricia McDonald qui clope sous les magnolias.

De nombreuses photos sur la page FB des Quais du Polar et sur celle des éditions Gallmeister

Mes meilleurs souvenirs engrangés de ces deux jours sur les Quais : une journée de soleil et d’amitié avec Béa et Véro / Kali. Une autre avec mon mari et : une conférence passionnante, plein de livres dans ma besace, la colère et l’humanité de Pascal Dessaint, la poignée de main de Leonardo Padura, le sourire éclatant et inquiétant de Benjamin Whitmer, arme de séduction massive.

A l’année prochaine ! 

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20 réflexions au sujet de « Quais du Polar, suite et fin… »

  1. très joli compte-rendu et oui je comprends ta frustration. Il faut vraiment s’organiser dans ce salon qui attire une foule dingue et il faut profiter des dédicaces le matin.
    Pour les conférences, oui c’est un vrai soucis d’avoir été refoulée ainsi.
    Tellement de choses à faire à QDP, si peu de temps…
    Pour la rencontre des blogueurs, qu’à titre personnel j’ai bien apprécié, tu m’as fait la voir d’une autre manière. Tu as raison oui, sans doute que certains ont été privilégiés durant les échanges et c’est bien dommage.
    J’espère que tu garderas le positif en tête surtout ! 😉

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    • Oh ! bien sûr ! ce sont des moments formidables pour qui aime la littérature ! Quant aux rencontres ratées, il y en a tant dans une vie ! 🙂
      Mais c’est vrai que j’étais déçue, parce que je me réjouissais. Je suis timide ( oui oui, même à mon âge ! )et je pense que ce sont les personnes des maisons d’édition qui ont mal fait leur job. Mais enfin, ce n’est pas grave ! Il parait que des personnes ont changé cette année au sein de l’Association ( ma fille qui a été bénévole deux ans sur les QDP et est en contact avec eux m’en a parlé ) ce qui pourrait expliquer les cafouillages, il faut le temps de caler les choses.

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      • La salon est un peu victime de son succès. je sais qu’ils réfléchissent à changer d’endroit mais pour moi ce serait une erreur tellement l’environnement et les superbes salles contribuent à l’ambiance.
        Pour la rencontres, effectivement pour ma part j’ai pu discuter avec des blogueurs que je ne connaissais que virtuellement mais valait mieux s’imposer… (je comprends très bien ce coté timide, ça passe à force d’aller au salon d’année en année)

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      • Ah c’est sûr qu’il ne faut pas aller ailleurs ! peut-être trouver des lieux en plus plutôt.
        Et puis pour les rencontres, c’est vraiment pas important, ça. Si on doit se rencontrer c’est d’abord sur nos blogs, s’il y a des affinités.Je ne lis pas que du polar, et donc mon « public » ( ça me fait marrer, ce mot ! ) est différent du tien, et c’est bien ! Je ne suis en rapport avec personne du milieu éditorial ou autre, je ne fais pas ce qu’on appelle des animations( l’ai fait quand je bossais en bibliothèque ), je veux juste, vivant assez isolée, pouvoir parler de ce que j’aime !Allez ! Bonne journée à toi !

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  2. Rholala ! Qu’est ce que cela fait envie tout ça !Tu me diras, « ben pourquoi tu n’as fait que passer alors ?? » Alors d’abord, parce qu’au contraire de toi, je me souviens rarement des noms des auteurs et qu’a priori les rencontrer me gêne : Mais que leurs dire, bon sang? Vous êtes formidables ???Moi, je ne me sens pas à la hauteur , je ne suis pas assez livrophage !!!Et puis, je crois que la profusion m’angoisse ! trop d’envies ! Et donc un sentiment de frustration !!Mais ta fréquentation me soigne, l’année prochaine, je me le fais en vrai !! Promis ! Merci pour ce chouette reportage ! Je suis flattée de faire partie des points positifs de cette affaire même si je n’ai que le mérite d’être à Lyon !!! Quant à tes bémols, je crois que le Quai du polar est juste victime de son succès ! Et puis enfin, la blogo est un vrai terrain de chasse pour les éditeurs, entre autre !!Les blogs sont un merveilleux secteur de visibilité, de publicité, d’influences ! Et beaucoup de blogueurs le savent et s’en servent ! Echanges de bons procédés et lucratifs parfois !! Je te rassure, c’est une pratique très répandue et dans toutes les catégories ! Et d’ailleurs, pourquoi pas !!! Bises ma livrophage d’enfer !

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    • Mais je suis comme toi, tu sais ! Cette profusion est à la fois angoissante et jouissive ! Bon : on sait qu’on fera du tri, selon nos goûts, ça permet de recadrer. Quant à « quoi dire  » aux auteurs…ben parfois rien, quand on ne parle pas leur langue, mais pour Whitmer, par exemple, j’ai réussi à lui dire comme j’avais aimé le premier roman et comme j’étais pressée de lire le second, passionnant, non ( ahahahahah ! 🙂 )? . Il avait l’air heureux d’être là…C’était vraiment bien; et puis il m’est arrivé de parler aux traducteurs, leur métier me fascine. En fait je n’ai pas couru la dédicace, je me suis surtout promenée, j’ai regardé, observé tout ce monde de l’écriture qui peut donner tant de bonheur. Les conférences, ça c’est super chouette, mais on arrive jamais à écouter tout ce qu’on voudrait, hélas ! Allez ! L’année prochaine, au moins une journée complète ensemble, je ferais bien l’enquête dans la ville, pas encre eu l’occasion.
      Pour le reste, le microcosme éditorial et commercial, ça m’échappe ! Je sais qu’on promeut leur travail, nous les blogueurs, j’ai déjà reçu des mails de remerciements, mais ça me fait juste plaisir, il y a des gens qui bossent vraiment bien, mais je ne veux rien, ne demande rien, et suis juste contente de mon petit blog et des copines qui vont avec, ça me comble ! des bisous ma fée !

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  3. Je partage à la fois tes sentiments et ceux de Kali : tout doit faire envie (mais trop ça fait parfois l’effet contraire, je n’achète rien), mais qu’est-ce que j’irais dire à un auteur que 500 personnes ne lui auraient pas déjà dit avant ? Timide moi ??? noooooon… moi pas savoir m’exprimer !
    Je suis fan de Padura, de Ian Rankin, je ne connais pas l’homme au sourire, j’ai lu un seul livre de Patricia Mac Donald il y a peu… La foule et les files d’attente me feraient peur aussi je crois.
    Alors ton compte-rendu me permet de « profiter » sans être angoissée… Et comme je connais le centre de Lyon, je m’imagine bien les lieux.
    Bref, merci !

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    • Mais de rien ! Cette année il y avait moins d’auteurs que je connaissais ( beaucoup de français que je ne lis pas trop ) et P. McDonald, c’est distrayant, mais c’est tout; ce qui n’est pas le cas de Padura; je ne sais pas si tu as lu le dernier, mais c’est juste un monument ce bouquin! Et Rebus est dans mes flics préférés, bien caractériel comme je les aime ! Les files d’attente ont un avantage : on discute avec des inconnus qu’une passion commune nous fait côtoyer le temps de cette attente, ce qui rend tout ça agréable. Oui, bien sûr, parfois on n’a rien à dire, mais parfois, on a une question à poser purement littéraire ( l’an passé, petite discussion avec un nouvel auteur espagnol, dont j’étais en train de lire le roman, et un truc m’intriguait)
      Bon, ben je vous fais le topo l’an prochain, les filles !

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  4. C’est tout de même sympa de les voir en vrai, ces icônes! Dans ma région, nous avons le « Livre sur les quais » au bord du lac Léman. J’y vais pour assister à des conférences. Je suis toujours très gênée de déambuler devant les auteurs, particulièrement devant ceux qui n’ont aucune file d’attente devant leur étal…

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    • Oui, c’est sympa. Ici, à Lyon rares sont ceux qui n’ont personne. Ils sont aux stands des libraires, et à plusieurs avec parfois leur éditeur et/ou leur traducteur. Whitmer était avec Jake Hinkson qui lui ne souriait pas beaucoup ! Mais j’ai acheté son livre, il semblerait que ce soit vachement bien.

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      • ça me semble une meilleure formule que ce qui est en fonction ici, c’est-à-dire des longues tablées devant lesquelles le public passe et s’arrête ou pas. C’est très gênant.

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      • Tu peux le voir sur les photos, dans le Palais du Commerce, ce sont les libraires indépendants qui sont installés, avec leurs invités ( plusieurs, qui tournent sur 3 jours ), et les livres de ces invités plus les autres de leur fond. Et c’est vrai que le passant regarde tout ( enfin moi, je regarde tout ! ). 30 000 livres vendus en trois jours, pas mal, hein !

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  5. Ces journées ont été pleines de réjouissances et de petites déceptions, mais le plus important c’est que tu aies pu évoluer dans un univers qui te passionne, merci d’avoir partagé ce moment avec nous. Il ne te reste plus qu’à lire maintenant…

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  6. Quelle aventure et quels super rapports. Je t’envie. J’y serais bien allee aussi…
    Je n’ai pas commente toujours mais je t’ai vue sur Facebook. Super photos aussi.
    Passes me voir quand tu as deux minutes. Je viens de commencer sur les expressions francaises et leurs equivalents quand elles en ont en Americain. Je vais caler sur les lettres les plus difficiles si les lectrices comme toi ne viennent pas a ma rescousse. Bravo encore pour ton reportage suivi et pour ton soutien aux livres et leurs auteur(e)s.

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    • Merci Evelyne, et oui, avec plaisir ! je sens que ça va me plaire et m’intéresser; compte-tenu de mon intérêt pour la traduction et mon admiration pour les traducteurs, bien sûr ! Je suis toujours épatée de voir comment ils s’en sortent avec le langage populaire, les adages et autres spécificités des différentes langues.

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  7. J’aime beaucoup l’ambiance de ce genre de salon même si j’ai parfois du mal à aller vers certains auteurs. En tout cas, merci pour le partage !

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    • Oui, c’est vraiment particulier, et quand on aime les livres, c’est très excitant. Quant aux auteurs, vraiment, on ets surpris, parfois ! L’an dernier, James Ellroy tout sourire qui a serré des mains, bavardé avec les gens toute la journée, épatant !

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