« Des gens primitifs » de Francine Prose, éd. Denoël, traduit par Fanchita Gonzales Battle

prose fSur les conseils d’Evelyne ( dont je vous conseille le blog accessible depuis ma communauté ), alors que je ne trouvais rien de bien à lire et qu’en plus, je n’avais pas le moral, j’ai demandé à la médiathèque un roman de Francine Prose dont je ne connaissais que le très bon roman pour adolescents, « Après » (chez Seuil / Métailié)  Et je viens donc de finir :                        « Des gens primitifs »,  qui m’a beaucoup fait rire.

Très célèbre en Amérique, Francine Prose décrit ici le mode de vie névrotique d’une femme de la classe moyenne supérieure; Roselyne joue à l’artiste après avoir été plaquée par un mari coureur de  (jeunes) jupons. Elle engage Simone, jeune haïtienne qui fuit la violence de son pays et une peine de cœur, comme gouvernante pour ses deux enfants, Maisie et George. Depuis Haïti, les USA paraissent civilisés, et Simone va découvrir avec consternation que ses habitants se comportent souvent comme des êtres très primitifs voire barbares ! 

« Tout ce que vous avez à faire, c’est vous assurer que les enfants ne s’entre-tuent pas, ne vous assassinent pas, ne se suicident pas – et les égayer ! Peu importe comment vous vous y prenez ! »

Portrait au vitriol d’une famille dite « moderne », on rit beaucoup, mais avec de la gêne tant on plaint ces deux gosses malmenés, seuls et tristes.

Description de George par sa mère :

« Le pauvre petit George est né comme ça: buté, accablé de soucis. Tout bébé, déjà, il faisait penser à un comptable dépressif réincarné sous forme de petit cochon rose. » 

George fond en larmes à l’école, il est la risée des autres et Maisie enterre les ampoules électriques dans des pots de fleurs, à côté des chats et chiens de la famille.

Simone s’attache très vite aux enfants et à travers son regard nous est donné à voir ce qu’il y a  de pire dans cette classe moyenne supérieure blanche américaine.

Dans une langue simple et fluide et sous des dehors légers, Francine Prose, avec un humour grinçant comme je l’aime, dégomme les égoïstes égocentriques que sont ces parents de pacotille, résidus bourgeois du mouvement hippie, argent et confort en plus . Simone apporte un peu d’attention et d’amour à ces deux gosses dérangés, conduit sans permis, travaille sans papiers, ne croit pas au vaudou, scrute ce petit monde tout déglingué et constate avec nous que les primitifs ne sont pas ceux qu’on croit. 

Lecture facile et divertissante, mais intelligente et au fond extrêmement féroce . 

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4 réflexions au sujet de « « Des gens primitifs » de Francine Prose, éd. Denoël, traduit par Fanchita Gonzales Battle »

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