« La fille tatouée » de Joyce Carol OATES – Stock, collection La Cosmopolite, traduit par Claude Seban

tatouJ’ai fini ce roman hier, avec des sentiments partagés. J’aime Oates, à mon avis une des meilleures de sa génération. Compte tenu de la quantité impressionnante de livres écrits, évidemment elle n’atteint pas toujours les sommets de « Blonde », « Les chutes » ou « Nous étions les Mulvaney » ( les trois que je préfère ), mais en tous cas son écriture et sa manière reconnaissable entre toutes de planter des personnages complexes, y compris ceux qui semblent les plus primitifs , restent égales. J’ai lu ce livre en me demandant ce qui allait arriver à cette Alma, et en ressentant pour les deux protagonistes des sentiments sinon de dégoût, du moins d’antipathie. Et on peut y rajouter tous ceux qui gravitent autour de Joshua, la classe lettrée et d’Alma,les bas-fonds de l’Amérique paumée et inculte. Aucun n’a suscité chez moi quelque chose de positif, ce qui s’en rapprocherait le plus étant la pitié.

Une légère éclaircie en fin de récit, puis une fin qui de « bateau » se retourne très vite pour devenir noire .

la fille tLa 4ème de couverture indique que ce livre a été le plus controversé de l’écrivaine, et j’ai du mal à comprendre pourquoi; variation sur le thème du maître et du serviteur, sur deux mondes aux antipodes qui ne se connaissent ni ne se comprennent jamais, Oates – et ça, ça me plaît – ne prend parti pour aucun des deux personnages, elle semble les regarder comme un biologiste scrute des insectes qui s’affrontent dans l’oeil de son microscope, et c’est très intéressant parce que neutre, elle laisse le lecteur libre.

Les avis sont d’ailleurs très partagés quand on lit les critiques : excellent à exécrable en passant par quelques nuances…

( L’édition de poche : l’illustration n’a rien à voir avec le tatouage d’Alma, mais alors rien ! )

Alors de mon point de vue, la grande dame a écrit là un livre tout sauf innocent, avec une ironie mordante, grinçante, décortiquant les travers des uns et des autres – le livre est dédié à Philip Roth ! –  , mais j’ai pris plaisir à cette lecture surtout pour sa noirceur et son côté méchant, ça j’aime bien. Lisez-le, et vous me direz !

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12 réflexions au sujet de « « La fille tatouée » de Joyce Carol OATES – Stock, collection La Cosmopolite, traduit par Claude Seban »

  1. Si le style est aussi mordant que tu l’affirmes, ce livre a de bonnes chances de me plaire ! 🙂 La couv’ invite à la lecture, quand bien même elle ne reflète pas le tatouage du récit…

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    • En tous cas, j’ai trouvé que JCO dressait des portraits cruels, parfois sous des airs de ne pas y toucher, c’est le côté entomologiste qui m’a plu, mais ce n’est certes pas le meilleur de ses livres.
      Quant au tatouage d’Alma, il reste sinon un mystère en tous cas pour moi une sorte de symbole, faisant écho, peut-être, aux tatouages morbide infligés aux Juifs dans les camps de concentration ? La question peut se poser, par rapport à Joshua le Juif qu’Alma « hait, hait, hait ! « 

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  2. En fait, il est terrible, ce blog …. J’ai envie de tout lire, maintenant !!!!!
    Je reviendrai quand je serai en retraite (non, je déc…..) !

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  3. Ah… tu me donnes malgré tout envie…. je viens de terminer « La fille du fossoyeur » d’elle – ravi et mitigé (mais quelle traduction!!!!)…. par ailleurs, tu peux me dire ou la photo bretonne de ton blog a été prise? J’aurai le plaisir de randonner en août sur le chemin des douaniers…. mais nous ne savons pas encore ou on va commencer…. et la photo donne envie de se lancer toute de suite……

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    • J’aime Oates,pas lu « La fille du fossoyeur », elle est prolifique, la dame : Mes préférés sont « Blonde » et « Nous étions les Mulvaney », mais il y en a plein d’autres.
      Les plages sont celles du Pouldu, départ immédiat vers soit au nord direction les petits ports de Doëlan et Moëlan, sauvage, soit au sud vers l’estuaire de la Laïta ( les photos au ciel très bleu avec les bateaux ). Les landes fleuries sont au long de la presqu’île de Crozon. De toutes façons, c’est magnifique partout et formidable pour marcher, on voit arriver des masses de nuages noirs sur l’océan et il se met à pleuvoir, quelques minutes et tout s’éclaircit : j’adore !
      Au cas où ça t’intéresserait, nous logions à Clohars-Carnoët, au hameau de Kergastel, chambres de Mr et Mme Philibot : extra ! ( on n’a pas randonné en circuit, mais en boucle )
      Sinon, je te conseille le cap Sizun, en partant de Plogoff ou de de la Baie des Trépassés, il y a une réserve ornithologique qui a du bien souffrir avec les dernières tempêtes, un moulin réhabilité en pleine forêt avec vue sur l’océan…Veinard ! J’attends de pouvoir y retourner!
      C’est une région magique quand les bretons enlèvent leurs bonnets rouges; je les ai trouvés très accueillants et prompts à partager leur région

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