« Chaos sur la toile » de Kristin Marja Baldursdottir – traduction Henry Kiljan Albansson – Editions Gaïa

Voila…Karitas est arrivée au bout de son chemin…Ce livre, qui fait suite à « Karitas, sans titre »,  dont je vous avais parlé précédemment, déroule le destin d’une femme qui traverse le xxème siècle, et ses nombreux combats. Karitas est un personnage hors norme dans son époque. Artiste et  femme se voulant libre pour exercer son art…Difficile dans la société islandaise ;  mais l’est-ce moins dans la société française ?

Kristin Marja Baldursdottir nous trace ici un portrait magistral d’un monde en mutation, où les femmes jouent un rôle éminent d’émancipation des moeurs et des idées.

Il y a Karitas, qui vit, respire, existe par et pour l’art. Prête pour cela à heurter même ses plus proches. Mais il y a aussi toutes ces femmes qui graviteront autour d’elle sa vie durant, connues depuis toujours ou rencontrées en Islande, et en Europe, particulièrement à Paris, Paris au temps de Simone de Beauvoir…En costume traditionnel islandais, guindée dans la religion et le rôle de mère et de femme au foyer, comme la soeur aînée, fumant, buvant et menant la vie de bohême comme Pia, d’une extrême à l’autre, toutes ces femmes se révèlent sous leur vrai jour sous la plume habile de l’auteur, et comme dans le premier volume, s’affirme une solidarité souvent plus forte que tous les préjugés. C’est la condition, pour toutes ces femmes, pour se faire entendre et pour exister.

La condition d’artiste femme est ici également une métaphore de toute la condition féminine. Karitas, qui se veut libre, est asservie à son art, tourmentée par la quête de quelque chose que toujours elle pense trouver dans ses phases créatives, mais qui enfin ne la satisfait jamais. Elle peint pour exister et le combat contre tout ce qui peut la freiner lui absorbe tant d’énergie que seul reste le chaos, ce chaos qu’elle cherche sinon à apprivoiser, du moins à tenir à distance.

La thématique de ce roman est riche, le ton est empreint d’un humour fin dans les scènes entre toutes ces femmes souvent réunies. Belle analyse de la création et de ses douleurs, doutes et autres embûches, et de ses satisfactions, comme quand on arrive à faire s’ouvrir une porte qu’on croyait fermée… Et cette « toute petite » Karitas ( comme l’appelle l’éternel amant,Sigmar, le plus bel homme d’Islande ! ) nous semble bien courageuse, véritable héroïne, qui combat  tout un siècle, toute une vision du monde, tous les préjugés de son époque, et surtout qui se combat elle-même.

Lecture à grand plaisir ajouté !

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