« La nuit la plus longue » de James Lee Burke ( éd. Rivages )

 Après « La descente de Pégase », qui se déroulait juste avant l’arrivée de l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, voici le pendant et l’après et Dave Robicheaux, héros récurrent de J.L.Burke aux prises avec les éléments naturels, et les fléaux qu’ils déclenchent chez les humains.

On savait quel talent était celui de cet auteur, et il ne se dément pas avec cet opus plein de questions sur l’humanité, ses égarements, ses défaillances, jamais noir ou blanc, toujours dans la nuance .

Notre policier ex-alcoolique, ex-soldat au Viet-Nam, hanté par de terribles souvenirs qui le réveillent la nuit va encore une fois démêler un écheveau sordide de vices et de misères. Ceci est une chose, mais que dire des descriptions de cette ville ravagée, de toute cette population abandonnée par son gouvernement, dans des conditions physiques et morales effrayantes ? De nombreux écrivains ont écrit sur cette catastrophe, mais Burke vit là-bas et par son personnage, il parle de sa ville, de sa population et de sa misère; on le sent terriblement atteint par l’abandon des autorités et dans ses réflexions sur les vols, viols, pillages, qui ont suivi l’ouragan, toutes ses questions sont les nôtres. Quelle part de l’homme se révèle en de telles circonstances? Le meilleur et le pire, c’est une forme d’apocalypse qui marque au fer qui l’a vécue.

Et puis, pour nous apaiser un peu dans la tourmente, Burke nous propose une pause avec Dave dans le paradis des bayous, le bayou Teche au bord duquel notre flic savoure de beaux moments de repos auprès de sa femme ( ex-bonne soeur ) et de sa fille adoptive. Ces descriptions sont un enchantement au regard du chaos où se trouve la ville; la lumière, les parfums, les couleurs et les bruits de la nature environnante comme si on y était.

Bien sûr, l’écriture est remarquable, comme le propos. Dave Robicheaux, personnage complexe s’il en est, est tellement attachant, si humain dans ses réactions et toujours capable de maîtriser ce qu’il pourrait y avoir de pire en lui…

Bertrand Tavernier a adapté  J.L.Burke au cinéma avec « Dans la brume électrique », et c’est à mon avis une grande réussite. Tommy Lee Jones y incarne  Robicheaux de façon extraordinaire, la bande son est magnifique et les images de toute beauté.

Quant à ce dernier roman, j’ai adoré!

Un lien pour en savoir plus :

http://ecrivainsmontana.free.fr/bibliographie/burke/burke.htm

 Petit rappel en images :

http://www.youtube.com/embed/pvoEiBnpCc8

 

 

 

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  1. Ping : "Swan Peak" de James Lee Burke – Rivages/Noir, traduit par Christophe Mercier | La livrophage

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