D’Aubagne à Marseille avec Marcel Pagnol et Jean-Claude Izzo

Les vacances au bord de la mer, le soleil, la plage…Oui bien sûr ! Mais quel dommage de ne pas en profiter pour découvrir aussi les alentours. Si vos vacances vous emmènent aux environs de La Ciotat, de Cassis et de ses calanques, en passant par Marseille, une pensée pour Marcel Pagnol vous viendra peut-être à l’esprit. Si vous avez aimé lire ses souvenirs d’enfance dans « La gloire de mon père » et « Le château de ma mère », promenez-vous sur ses traces dans le massif du Garlaban.

 

Ces collines, comme on les désigne là-bas, proposent de très belles balades à pied, reliant Marseille à Aubagne, ville natale de Pagnol, et sur ces chemins vous retrouverez les lieux où le petit Marcel, flanqué de son ami Lili et de son petit frère Paul, vécut les plus belles vacances de sa vie.

Voici un lien vers un site qui propose de nombreuses promenades, commentées si vous le désirez, et de nombreuses autres informations sur Pagnol

http://www.gb-provence.com

 

Visite à Marseille: le Bar de la Marine, théâtre des pittoresques parties de belote de la trilogie « Marius », « Fanny », et « César » est devenu un bar « branché », la Canebière s’est « embourgeoisée », et la grimpette jusqu’à Notre Dame de la Garde est toujours aussi raide, mais un panorama à 360° sur la ville entière, le port, les vieux quartiers et les collines environnantes, ça se mérite ! 

D’ici est issu aussi un autre auteur, moins connu que Pagnol, contemporain et mort prématurément (1945-2000 ) : il s’agit de Jean-Claude Izzo. On lui doit une trilogie policière où sa ville est dépeinte dans ses aspects populaires et la vie mafieuse décortiquée : « Total Khéops », « Chourmo » et « Soléa ». On sent chez le personnage, Fabio Montale, un amour de sa ville qui, je crois, est propre à tous les Marseillais. Mais Izzo a aussi écrit  de nombreux recueils de poésie, des chansons, des scénarii pour le cinéma et d’autres romans tels que « Le soleil des mourants » et « Marins perdus », qui parle d’un de ces équipages de bateaux qui se retrouvent à quai, sans plus de commandement, abandonnés, sans argent, et qui survivent en attendant qu’on leur dise quoi faire, grâce à l’aide des habitants de la ville.

Voici le lien vers un site sur les écrivains, qui propose une biographie et une bibliographie très complète de Jean-Claude Izzo

http://authologies.free.fr/izzo

et le site officiel, réalisé par Sébastien Izzo, fils de Jean-Claude

http://www.jeanclaude-izzo.com/

Marseille a été décrite par de nombreux écrivains dont Joseph Conrad qui y fit ses premières armes dans la Marine et Dumas enferme Dantès au château d’If .

 

C’est ce port cosmopolite et grouillant d’activité, ces vieux quartiers où l’on se croit dans un village, ce brassage de classes et de nationalités, mêlées dans les mêmes lieux, cette verve excessive, qui rendent cette ville si plaisante. Pour rejoindre la corniche Kennedy, qui a été entièrement aménagée pour son plus grand bien, on longe la mer en croisant des ports miniatures comme le Vallon des Auffes; puis passée la corniche, on rejoint le port des Goudes, on arrive au bout de la route; il n’y a plus qu’à mettre des chaussures de marche et à  partir ainsi sur le chemin des calanques, jusqu’à Cassis si vous êtes en forme ! Et cette marche est un enchantement pour les yeux…

 Pour compléter ce panorama, vous pouvez toujours revoir tous les films de Pagnol , les adaptations très réussies d’Yves Robert de « La gloire de mon père » et « Le château de ma mère », celles de « Jean de Florette » et « Manon des sources » par Claude Berri, ainsi que « Marius et Jeannette » de Robert Guédiguian, qui se passe dans le port de l’Estaque et présente un point de vue plus moderne car plus récent de la ville, un état d’esprit plus proche de Jean-Claude Izzo.

Ah! Au fait! Le ferry- bo-at est encore en service et vous emmène de l’Hôtel de Ville au bar de la Marine…si la sardine ne bouche pas le port!

Mais assez de galéjades et à bientôt pour une autre destination !

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7 réflexions au sujet de « D’Aubagne à Marseille avec Marcel Pagnol et Jean-Claude Izzo »

  1. Texte ensoleillé et, en ce sens, plaisant et correspondant aux idées reçues sur Marseille. Ca se complique un peu lorsque l’auteur évoque une « Canebière embourgeoisée ». Difficile de laisser passer ça. Si l’on met de côté les alentours du Vieux-Port, un décor de carte postale pour croisiéristes peu regardants et qui suivent un circuit formaté (petit train à l’appui) qui n’a pas grand-chose à envier aux visites guidées de Moscou sous le régime stalinien, la Canebière, à mesure que vous l’arpentez, témoigne de l’extrême pauvreté de la ville, voire de sa misère. La fameuse « gentrification » n’a nullement touché le centre-ville de la ville.
    Il n’en demeure pas moins que JC Izzo est au auteur formidable et que Pagnol a désormais pignon sur rue dans des universités prestigieuses, notamment américaines, et pas seulement pour sa fameuse partie de cartes… Ce n’est que justice.

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    • En fait, j’ai mis l’expression « embourgeoisée » entre guillemets, et pas pour rien. J’ai vécu à Marseille dans les années 80, et n’y suis retournée qu’il y a 4 ou 5 ans, et si j’ai mis les guillemets, c’est parce que bien évidemment, ces beaux réverbères, ces trottoirs élargis, ces vitrines un peu clinquantes( pas plus ni moins que dans les autres villes ) ne sont que façade, parce que Marseille a une nature forte, que le maquillage ne peut pas entamer vraiment. J’aime cette ville, même si je n’y vais plus beaucoup; et j’y ai été pauvre ( et quand je dis pauvre, c’est pauvre, peut-être un jour je raconterai ça) et c’est Marseille du peuple, que j’aime, de tout le peuple, mélangé comme je l’ai connu quand j’avais 20 ans. Je ne sais pas vraiment si c’est toujours le cas ( on a quand même entendu parler des fonds de pensions américains qui s’acharnent à chasser les familles des boulevards, non ?). Et bien heureusement que Pagnol est connu pour autre chose que la partie de cartes…Et Jean – Claude Izzo manque, pour dire Marseille

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    • Et je rajouterai juste que je n’ai jamais pris, nulle part, de petit train à touristes ! 🙂 Mais fréquenté la Canebière à pied, et pas qu’elle…parce que je n’avais pas un sou pour prendre le bus. Mais voyagé, pour rentrer de Marseille à chez moi, assise sur mon sac entre deux wagons ! 🙂 Mais je comprends bien ce que vous avez voulu dire.

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  2. Ce texte et ces photos éveillent en moi beaucoup de regrets … Ayant été détournée des « circuits pour touristes », je n’ai finalement vu ni le pays de Pagnol, ni le château d’if, ni la Canebière … Les calanques, l’île Verte, l’Estaque et les Goude, bon, j’avoue … c’était pas mal !!! Mais quand même …
    J’ai ressenti dans cette ville cosmopolite une ambiance, une atmosphère. Autre regret : celui de n’avoir pu y déambuler seule et sans but, de n’avoir pu m’en imprégner.
    (et puis « Marius et Jeannette », j’ai adoré !!)

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    • c’est étrange, Marie, mais cet article, posté il y a déjà longtemps, est encore dans les plus vus sur le blog…Les commentaires de Gérard m’ont ramenéE à mes 20 ans, quand je vivais là-bas, avec du bon, et du mauvais ( qui a fait que je suis revenue dans ma région natale ). J’ai aimé cette ville, je l’aime encore. Ce que tu y as vu, l’Estaque, les Goudes, le vallon des Auffes aussi peut-être, tous ces villages dans la ville sont aussi Marseille. Mais oui, Pagnol a marqué les esprits et quand jeunette j’ai débarqué là-bas j’avais incrustée dans la rétine Fanny qui remontait cette Canebière, poings serrés, pour aller à la Vierge de la Garde pleurer. Une tentative de dépopularisation avec une restauration un peu tapageuse, effectivement est plus un emplâtre, un fond de teint mal appliqué, qu’une véritable révélation de ce qu’est cette Canebière, emblématique, quoi qu’on en dise, comme le vieux port. La vie est encore et toujours dans ce coeur de la ville, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas ailleurs. J’ai vécu très pauvrement, et la personne qui m’a le plus aidée n’était pas marseillaise, mais un retraité lorrain, qui avait travaillé toute sa vie comme intérimaire dans les centrales nucléaires, alcoolique au dernier degré, il buvait au lieu de manger et me donnait ses colis de l’aide sociale parce que je n’avais pas de quoi manger à ma faim. Pépé Roussel reste dans mon coeur, avec ses crises de délirium et sa bonté. J’ai souvenir aussi d’un médecin du quartier Belsunce qui m’a soignée, alors que j’étais malade et sans sécu, gratuitement, par pure bonté humaine. C’était au temps où les différentes confessions cohabitaient fraternellement, ce médecin était juif dans un quartier dit « arabe », mais en fait juste un quartier pauvre et populaire, je ne sais pas si c’est toujours le cas, je le souhaiterais tellement…J’ai conscience ici que je dis des choses assez personnelles, mais pas intimes. Et je me rends compte aussi que ces trois années de misère ont été riches pour ce que je suis devenue. Alors j’en parle, d’autant plus que c’est à toi que je m’adresse, même si chacun peut lire ça. Ce serait chouette, je crois, de déambuler dnas Marseille en ta compagnie. Si ça t’arrive un jour, cette flânerie, tu penseras à moi !

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  3. Bonjour lectrice en campagne!
    Belsunce possède depuis de nombreuses années une bibliothèque centrale à la place de l’ancien Alcazar où l’on donnait des spectacles autrefois. Un peu plus haut, à deux pas de la rue d’Aix, il y a maintenant la fac d’éco de Marseille, en tout cas l’une de ses annexes. Le pouvoir local a sans doute parfois fait de son mieux pour introduire des structures culturelles ou pédagogiques de très bon niveau dans des quartiers marqués par la pauvreté et, je le disais l’autre jour, la misère. La différence entre Marseille et d’autres grandes villes du pays, c’est que la pauvreté est dans le centre ville, notamment l’hyper-centre, même si elle n’épargne pas les quartiers nord de la ville, dont les habitants ont souvent le sentiment d’avoir été abandonnés par toutes les autorités.
    Belsunce a été à vos côtés dans des moments difficiles, dites-vous, et ça ne m’étonne pas de la part de… ce prélat qui a donné son nom à l’artère. Belsunce était un ardent défenseur des malades et des faibles quand la peste frappait la ville, en des temps plus difficiles quand même…
    Mieux que le petit train qui ne donne pas forcément l’air fin à ceux qui l’utilisent, il y a désormais deux navettes maritimes de la Ville qui vous conduisent, l’une à la Pointe-Rouge, l’autre à l’Estaque pour une somme très modique. Vous traversez ainsi le Vieux-Port, avec à bâbord le superbe Pharo qui a fait l’objet d’une belle rénovation, et, à tribord, l’intrigant Mucem qui attire des milliers de touristes. Il est vrai que le site est magnifique.Bon voyage peut-être!

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  4. Ping : A Month of French Authors/Un Mois d’Auteurs Français – Evelyne Holingue

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